mercredi 12 septembre 2007

Ma trousse, mon cartable, mon blog...


Mes petits papiers, saison 2. Après un bref repos estival de plus ou moins 3 mois, il est temps de se remettre à un rythme syndical décent. Et pour cause, les actionnaires râlent, le résultat d'exploitation du dernier exercice n'est pas brillant, les dividendes ne suivent pas, le cours a perdu 20% en bourse, un plan social est à prévoir, voire une délocalisation en Meurthe-et-Moselle.

Après temps à tout casser cet été, si tant est que vous ayez eu la bonne idée de choisir le Maroc et la Suède, le retour au pays est source d'inspiration. Eh oui, l'omniprésident Sarkozy a justement profité de mon absence pour supprimer le droit de grève, rétablir la monarchie, se faire effacer les bourrelets etc etc... Et puis il y a Ségolène, François et les autres et puis la folie rugby et puis... mes petits papiers.

vendredi 10 août 2007

Courrier d'Afrique

Voilà la réponse de plusieurs écrivains africains faisant suite à la venue du président français au Mali, au Sénégal et au Benin le mois dernier, où celui-ci affirma que les peuples d'Afrique ont leur part de responsabilité dans les évènements qui détruisent leur continent depuis plus de 4 siècles.


Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.
Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.

Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?

Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?


Sincèrement et franchement à vous.


Antananarivo, le 3 août 2007

Raharimanana et les écrivains

Boubacar Boris Diop (Sénégal),

Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),

Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),

Kangni Alem (université de Lomé),

et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

jeudi 14 juin 2007

Mon article Newzy





Les espaces de discussion sur Internet ont depuis longtemps leurs vandales : les trolls. Ces petits êtres de mauvaise foi qui ressemblent de plus en plus à monsieur Tout-le-monde.

Il procède par généralisation et par comparaison. Il mélange tout et fait des amalgames. Il affirme sans savoir et il a forcément raison. Le gouvernement, la décentralisation, la destruction du système éducatif, les réformes, les TPE, la gauche, la droite, les syndicats sont ses cibles favorites. Tel est le charmant portrait de l’assidu commentateur du Net - appelé « troll » en jargon Internet - dont les envolées lyriques n’ont rien à envier à celles d’un Thierry Roland des grands soirs.

En fait, le nivellement par le bas du web 2.0 est tout sauf un hasard. Il était même prévu. Dès le début des années 90, un chercheur de Yale, Mike Godwin, formulait une loi : « Plus une discussion sur Usenet* dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou avec Hitler s'approche de 1 ». Ce « point Godwin » au-delà duquel une discussion s’enlise, les internautes l’ont allègrement dépassé en cette année d’élections. Comme si, un temps, l’humour et le second degré avaient disparu.

Alors, faut-il sélectionner ses intervenants ? L’idée fait son chemin dans de nombreux sites médias. Sur le Monde.fr , donner son avis coûte 6 euros par mois. Le prix de la tranquillité ? Pour Stéphane Mazzoretto, responsable du développement éditorial du site, c’est surtout « une manière de valoriser un contenu, qui est modéré par une équipe et sélectionné selon sa pertinence ». « Dès la mise en place des espaces participatifs, l’objectif était de proposer un contenu sans pollution », poursuit-il. De là à penser que la qualité du débat se mesure à la taille du porte-monnaie…

« Commenter et participer sont deux approches différentes »

Certains s’y refusent. Ils ne sont pas, eux non plus, résignés à voir Internet se transformer en un café du commerce à pixels. Parmi eux, Julien Jacob, cofondateur d’Obiwi , un nouveau mag d’info on line qui veut encadrer ses contributeurs de journalistes professionnels. « Le commentaire est un épiphénomène, explique-t-il, 0,1 % des internautes produisent en fait 95 % de la masse des commentaires. Ce sont les mêmes qui se mettent en avant dans les réunions publiques. » Mais il reconnaît que le sujet est sensible et la route vers une production de qualité encore bien longue : « L’internaute est un individu dont l’ego est extrêmement sensible. Restreindre la liberté acquise semble aujourd’hui impensable ».

D’où la nécessité de créer de nouveaux outils. Selon Julien Jacob, « commenter et participer sont deux approches différentes. La première s’apparente à ressusciter un courrier des lecteurs. Mais il n’a jamais intéressé personne. La seconde part d’une démarche plus positive ». Même constat à la rédaction de Rue89.com qui valorise les commentaires les plus intéressants des internautes.

Mutation du métier de journaliste

Après le verrouillage des commentaires et la création de nouveaux espaces participatifs plus encadrés, le deuxpointzéro semble aussi esquisser le portrait d’un nouveau journaliste. « Un journaliste qui aura de plus en plus une fonction de distribution de la parole et d’animation des débats », explique Laurent Mauriac, l’un des fondateurs de Ru89.com (Voir l'interview de Laurent Mauriac à propos du concept de son site d'information ).
Mais bien sûr, vous qui nous lisez, vous n'êtes pas un troll.



mercredi 6 juin 2007

Le buzz de la semaine : Dieu te le rendra...

Voici, réalisée par l’agence Mex en Ukraine, une belle opé de guérilla sur des poubelles pour sensibiliser le public à une réalité qui peut gêner.

Le message ?
"Your garbage is his lunch". Help for homeless 8 800 500 30 30″


Cet article provient du blog Marketing Alternatif.



dimanche 3 juin 2007

Nerfs du temps : si j'étais une femme...

La tendance est à l'agourdissement (du verbe transitif agourder : prendre pour une gourde ou tout autre récipient à eau comme une cruche). Rien de nouveau après tout. Mais si j'étais une femme...

Si j'étais un femme... J'aurais boycotté la pub télé depuis longtemps. Marre d'être prise pour "Martine à la plage" peut-être. Parce que pour être belle à la plage, Martine elle doit s'en farcir de la pub décérébrante. On lui avait promis qu'elle pourrait dire "good bye cellulite" en dansant dans la rue et en chassant les mauvaises graisses du revers de la main. La petite danse niaise à la Mary Poppins c'est la spécialité des pubs télés féminines. Une crème fraiche minceur? Allez hop que je sautille dans mon jardin. Un gâteau 0% ? Et voila que je montre mon ventre en swinguant sur mon lit. Mais après tout rien de révolutionnaire, on a gourdisé la femme à la télé depuis l'après-guerre. La révolution? La gourdisation de la femme par la femme. Par ces femmes qui peuplent les directions marketing et com' de L'Oreal et qui savent mieux qui quiconque cerner les complexes de leurs congénères. Un dernier pour la route? La raclette à cellulite de L'Oreal censée reproduire plus ou moins fidèlement une broche à viande de kebab. Cynique métaphore : tu te rappelles comment t'a pris tes gros kilos? Et oui... En t'égarant au grec.

Si j'étais une femme... J'aurais honte de mes représentantes au gouvernement de Nicolas 1er. Passons sur les plus misogynes que les machos : Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie. Non, concentrons nous sur les deux porte-drapeau du féminisme moderne, celles qui incarnent le rêve de milliers de petites filles... Roselyne Bachelot et Christine Boutin. Leur présence au sein d'un même gouvernement suffit déjà à les discréditer. L'une a été une fervente partisane de la création du PACS. L'autre... sa plus fervente adversaire. Entre ces deux femmes rien en commun, si ce n'est le fait de faire partie aux yeux de leurs collègues masculins du groupe des "parfaites cruches, donc ministrables pour le quota". Ajoutez à ce constat une ministre de l'enseignement supérieur qui s'exprime comme une 4e techno et le voilà le nouveau féminisme...


 

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